Crise oubliée au Sud-Kivu : Médecins du Monde a aidé plus de 81 000 personnes avec l'Union européenne en 2025
Grâce au soutien de Union européenne, Médecins du Monde a pu apporter une aide d'urgence auprès de 81 000 personnes au Sud-Kivu, République démocratique du Congo (Kalehe), en 2025.
Suite à l’aggravation de la situation humanitaire au Sud-Kivu (République démocratique du Congo – RdC) depuis janvier 2025, marquée par des tensions sécuritaires, un renforcement de la précarité, une insécurité alimentaire persistante et la fragilisation des services sociaux, Médecins du Monde a lancé une intervention d’urgence début 2025, avec le soutien de l’Union européenne (ECHO - Service de Commission européenne à la protection civile et opérations d'aide humanitaire européennes), afin de venir en aide aux personnes vulnérables impactées.
Déplacements de population et report des soins de santé
« Depuis le 1er janvier 2025, la situation sécuritaire au Sud-Kivu, et notamment dans la zone de Kalehe, est très compliquée. Cette situation engendre notamment de nombreux déplacements de population et des mouvements de panique récurrents. On estime notamment que 370 949 personnes (76% de la population locale) ont été contraintes de se déplacer vers les hauts plateaux de Kalehe, témoigne David Montano Inturias, coordinateur général pour Médecins du Monde au Sud-Kivu.
« En parallèle, l’accès aux soins de santé est très compliqué. On estime que près d’une personne sur trois, en RdC, vit à plus de 10 kms d’un centre de santé (EDS 2023-2024). Dans le territoire de Kalehe, et en particulier dans les zones montagneuses (1800-200m d’altitude), presqu’une personne sur deux doit parcourir plus de 10 kms pour atteindre un centre de soins, souvent implanté dans les plaines. Les conséquences sont considérables : de nombreux enfants souffrant de diarrhée, de rougeole, de paludisme, ne sont pas soignés à temps, ou pas soignés tout court », ajoute David Montano Inturias.
Ce report de soins entraine des conséquences : ces dix derniers mois, 26 décès d’enfants de moins de 5 ans ont été déclarés dans l’hôpital de Kusisa (Bunyakiri), soit presque le double qu’en 2024.
Quatre interventions d’urgence pour 14 786 personnes
Face à cette situation humanitaire catastrophique, Médecins du Monde a mené des missions d’évaluation, et lancé 4 interventions d’urgence depuis avril 2025. Ces interventions, qui ont notamment concerné l’accès aux soins de santé, le soutien psychosocial, les campagnes de vaccination, la protection, la détection et le suivi de cas de malnutrition, ont contribué à venir en aide à 14 786 personnes, avec le soutien de l’Union européenne.
Un an plus tard, la situation continue de s’aggraver
Aujourd’hui, en décembre 2025, plus de 300 000 personnes – dont 60% de personnes déplacées internes, dépendent de l’aide humanitaire. « Le retrait de certaines ONG, l’enclavement de la zone, les difficultés de mobilité, la coupure des financements, ont renforcé cette dépendance. A Kalehe, dans la zone de Minova, il y a 4 ONG qui peuvent intervenir (dont Médecins du Monde). A Bunyakiri (plus de 240 000 personnes), nous sommes les seuls. C’est insuffisant. La situation est très préoccupante», conclut David Montano Inturias.
Plus de 81 000 personnes aidées - chiffres clés
Avec le soutien de l’UE, Médecins du Monde et ses partenaires ont aidé plus de 81 000 personnes
- Fourni des soins de santé à 81 686 personnes
- Mené 300 séances de soins de santé via nos 2 cliniques mobiles chaque semaine
- Accompagné 6693 accouchements
- Apporté un soutien psychosocial à plus de 1300 personnes (dont des survivant.es de violences sexuelles)
- Vacciné 7303 enfants
- Sensibilisé 44 957 personnes aux violences basées sur le genre
- Pris en charge 2421 enfants souffrant de malnutrition
Nos activités en détails
- Nous avons déployé deux cliniques mobiles afin de favoriser l’accès aux soins de santé dans les zones les plus reculées :
- 6 368 personnes ont bénéficié d’un accompagnement durant les soins obstétricaux et périnatals, les maladies chroniques ou aigües, ont pu être vaccinées, soignées, ont bénéficié de médicaments ou en été suivies en cas de détection de cas de malnutrition.
- 6 368 personnes ont bénéficié d’un accompagnement durant les soins obstétricaux et périnatals, les maladies chroniques ou aigües, ont pu être vaccinées, soignées, ont bénéficié de médicaments ou en été suivies en cas de détection de cas de malnutrition.
- Nous avons renforcé le réseau communautaire de protection : mécanisme interne aux communautés, au sein desquelles les ‘communautés protectrices’ participent aux comités locaux et gestion des plaintes liées aux violences basées sur le genre. Grâce à ce réseau communautaire :
- 262 victimes de violences basées sur le genre ont pu être protégées et aidées
- 44 957 personnes ont été sensibilisées au sujet des violences basées sur le genre
- Nous avons aidé psychologiquement et médicalement les survivant.es de violences sexuelles :
- En leur apportant un soutien psychosocial
- 500 survivant.es de violences sexuelles ont été aidées, écoutées, soutenues
- 789 personnes ont bénéficié d’un soutien psychosocial et en santé mentale
- En les accompagnant médicalement :
- Fourniture de kits post-exposition (VIH/SIDA), prévention des grossesses non désirées, prévention maladies, etc.
- En les aidant à se former professionnellement (réinsertion socioéconomique)
- En renforçant les compétences du personnel en santé mentale
- Et en aménageant et équipant les espaces de prise en charge des victimes
- En leur apportant un soutien psychosocial
- Nous avons renforcé les capacités des structures de santé : distribution de médicaments, de matériels médicotechniques, d’équipements médicaux, réhabilitation de centres de soins, etc.
- Nous avons renforcé les centres de prise en charge des cas de malnutrition :
- Prise en charge des cas de malnutrition dans les structures médicales et dans les zones reculées, dont 2421 enfants
- Fourniture de kits nutritionnels et 2163 kits d’urgence
- Activités de prévention et dépistage de la malnutrition
- Renforcement des capacités du personnel médical, référencement des cas, enquêtes sur la prévalence de malnutrition
- Dans les hôpitaux, nous avons développé la stimulation psychoaffective, cognitive et motrice des enfants, en lien avec les mères, et aménagé les espaces de jeux dédiés
- Prise en charge des cas de malnutrition dans les structures médicales et dans les zones reculées, dont 2421 enfants
- Nous avons accompagné les centres de soins dans la prise en charge des urgences
- Urgences gynéco-obstétriques, pédiatriques, nutritionnelles et prise en charge des blessés par balles
- Fourniture de médicaments, d’équipements médicaux
- Transport vers les urgences sanitaires
- Appui au fonctionnement des hôpitaux
- Fourniture de kits hygiène, équipement protection, etc.
- 2456 personnes ont été hospitalisées pour des soins secondaires depuis le début du projet.
- Urgences gynéco-obstétriques, pédiatriques, nutritionnelles et prise en charge des blessés par balles
Médecins du Monde a mené ses projets en respectant les principes de neutralité, d’impartialité, d’indépendance, et les a mis en place en collaboration avec les autorités sanitaires et les organisations humanitaires présentes.
Photo © 3Tamis
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