Liban : la détresse psychologique s’accroit parmi les centaines de milliers de personnes toujours déplacées
Depuis le 2 mars 2026, des centaines de milliers de personnes ont été déplacées de force dans le pays, aggravant ainsi une situation sanitaire déjà compliquée et le lourd traumatisme psychologique de la population. Les équipes de Médecins du Monde restent mobilisées pour répondre à l’urgence des personnes déplacées, notamment avec des soins en santé mentale mobiles.
Malgré le cessez-le-feu encore fragile du 19 juin dernier, le bilan de la reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah au Liban est lourd. Et les actualités continuent de charrier leur lot de morts et de blessés au Sud-Liban, encore ciblé par des bombardements ou des drones de l’armée israélienne. Les derniers chiffres du ministère de la Santé libanais rapportent plus de 4 200 personnes tuées et 12 100 blessées depuis le début du conflit.
Actuellement, un peu plus de 100 000 personnes sont hébergées dans 634 centres collectifs à travers le pays, dont certains, notamment à Beyrouth et au Mont-Liban sont saturés par l’afflux de population. À tel point que les trois quarts des familles doivent se rabattre sur des solutions d’hébergement temporaire de fortune : des abris collectifs comme des écoles réquisitionnées le plus souvent, parfois des bâtiments abandonnés, leurs voitures, la rue. Dans ces conditions, il devient de plus en plus compliqué d’accéder à une alimentation adéquate, aux médicaments et aux soins de santé.
Des besoins sanitaires et psychologiques en hausse
Les partenaires du secteur de la santé avec lesquels Médecins du Monde collabore signalent des besoins croissants en :
- soins traumatologiques
- prise en charge des maladies chroniques
- santé sexuelle et reproductive
- santé mentale et soutien psychosocial
- orientation vers les soins secondaires et spécialisés
Stéphanie Bou Gebrayel, coordinatrice santé mentale et activités psychosociales pour Médecins du Monde au Liban raconte : « Dans les abris collectifs, les besoins fondamentaux ne sont pas satisfaits. Il manque des toilettes, les femmes ne peuvent pas retirer leur voile devant des inconnus et elles ne reçoivent pas non plus de produits d’hygiène. L’incertitude du lendemain et les conditions de vie précaires - qui se prolongent - ont un impact sur la santé physique, mais aussi mentale des personnes déplacées. »
Les populations les plus fragilisées, telles que les femmes, les enfants, les personnes âgées ou en situation de handicap, les personnes migrantes et réfugiées continuent à être particulièrement exposées aux obstacles d’accès aux services essentiels.
Approche mobile innovante de la santé mentale et soutien psychosocial
Médecins du Monde agit à travers le renforcement des trois centres intégrés dans ses programmes depuis le début de l’année 2026, dans les régions de Beyrouth, Baalbek-Hermel et Bekaa. Nos équipes y appuient une prise en charge multidisciplinaire, capable de gérer les besoins de santé primaire, la vaccination, la santé sexuelle et reproductive, mais aussi la santé mentale.
Médecins du Monde est également l’un des premiers acteurs à intégrer la santé mentale et le soutien psychosocial dans une réponse d’urgence mobile au Liban, en accord avec le Programme de santé mentale national.
« Grâce à l’installation de tentes garantissant la confidentialité, nos unités médicales mobiles effectuent un travail de premier secours psychologique et de sensibilisation à la santé mentale jusque dans des lieux plus isolés où nos équipes peuvent traiter les personnes non couvertes par les dispositifs existants. Les psychologues peuvent ainsi assurer un suivi régulier lors de visites répétées sur les mêmes sites et, lorsque c’est nécessaire, par téléphone », explique Stéphanie Bou Gebrayel.
L’impossible ou difficile retour des déplacés
Au Liban, la fin hypothétique de la guerre ne signifie pas le retour à la normale, alors même que l’armée israélienne continue d’étendre ses positions au sud du Liban. « Lorsque le cessez-le-feu a débuté, les gens sont retournés vérifier l’état de leur maison. Lorsqu’ils ont constaté les dégâts, cela a également eu pour conséquence de dégrader davantage leur état de santé mentale, surtout pour les personnes avec des troubles déjà existants », indique Stéphanie Bou Gebrayel.
Dans la ville de Nabatiyé, où certains habitant·es reviennent peu à peu, presque tout a été détruit : maisons, immeubles, écoles, hôpitaux, banques, etc. Dans ce contexte, Médecins du Monde étudie la possibilité d’étendre son soutien au Sud-Liban pour permettre un accès aux soins de santé, y compris santé mentale dans des zones lourdement frappées.
Aller plus loin
s' Inscrire à la newsletter

Médecins du Monde est membre du Consortium 12-12, CNCD-11.11.11, Récolte de Fonds Éthique et Donorinfo.
Contactez-nous
Médecins du Monde
Rue Botanique 75, 1210 Bruxelles
Tél : +32 (0) 2 225 43 00
TVA: BE 0460.162.753
Faites un don : BE26 0000 0000 2929
Info
Pour toute question relative à nos projets et à nos actions humanitaires :
Pour toute question relative aux donateurs, aux mandats ou à nos recruteurs :

