Portrait de Claire Bourgeois, présidente de Médecins du Monde Claire Bourgeois, présidente de Médecins du Monde
Claire Bourgeois (70 ans) est présidente de Médecins du Monde depuis 5 ans.
Quel est votre parcours?
« Après mes études de médecine, j'ai commencé à travailler pour Médecins Sans Frontières au Cambodge en 1979. À mon retour en Belgique en 1981, j'ai cofondé la section belge de Médecins Sans Frontières. 14 ans plus tard, j'ai rejoint le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). D'années en années, j'ai occupé diverses fonctions dans de nombreux pays: République démocratique du Congo, Burundi, nord du Kosovo, Tchad, Afghanistan, Irak et Yémen. À la fin de ma carrière, j'étais inspectrice générale pour le Haut-Commissariat à Genève. »
Comment êtes-vous entrée en contact avec Médecins du Monde?
« J’ai découvert Médecins du Monde à cette époque et elle m’a tout de suite intéressée, notamment pour le fait de placer la collaboration avec les partenaires locaux, de favoriser l’autonomie des personnes soutenues et d’entretenir une collaboration étroite avec les ministères de la santé. Aujourd’hui, cette approche d’ancrage local peut sembler évidente, mais dans les années 80 et 90, ça ne l’était pas. L’aide humanitaire se caractérisait plutôt par une approche ‘top down’ (plus hiérarchique), où le siège installé dans les pays occidentaux prenait les décisions pour les équipes et projets menées sur place, dans les pays internationaux. Selon moi, Médecins du Monde a toujours été lucide au sujet des risques liés à une approche post-colonialiste et paternaliste, et c’est toujours le cas aujourd’hui. En 2025, les équipes sont profondément ancrées dans les communautés locales; le personnel humanitaire est presque exclusivement local. Et nous collaborons étroitement avec les autorités et partenaires du pays. Cela favorise le respect mutuel, la confiance et la durabilité de l’impact de nos interventions »
Qu’est-ce qui vous empêche de dormir?
« La montée des régimes autoritaires qui bafoue le droit international humanitaire. Le symbole du drapeau blanc, indiquant un désir de paix et d’arrêt des hostilités, qui semble avoir disparu. Le bombardement des hôpitaux et du personnel médical. La violation des droits humains, y compris en Europe. Rien qu’en Belgique, les droits fondamentaux des personnes demandeuses d’asile ne sont pas respectés. Et le fait que l’état belge ait déjà été condamné à plusieurs reprises par des tribunaux ne semble pas préoccuper nos politiques. Pour moi, ce sont des signaux d’alarme dangereux, qui témoignent de l’affaiblissement de notre état de droit, social et démocratique.
Pourquoi restez-vous active?
« Médecins du Monde se bat pour le respect des droits humains. En refusant que des personnes sans-abri ne décèdent en rue, en soignant les personnes sans-papiers, en rencontrant les personnes précarisées dans les gares et les métros. Je pense qu’il ne faut pas se laisser abattre par ce qu’il se passe partout dans le monde. Au contraire. Puisons dans cette indignation pour lutter pour ce en quoi nous croyons. »
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