Covid-19: enfance vulnérable en RDC, au Burkina Faso et au Bénin

Dans de nombreux pays de la sous-région, les limitations de mouvement et la fermeture des marchés ont fait exploser les prix des matières premières rendant l’accès à l’alimentation encore plus difficile pour les plus pauvres. La mendicité, dont vivent de nombreux enfants en situation de rue, est également fortement impactée. Ces enfants marginalisés, discriminés et rejetés sont souvent abandonnés à leur propre sort. Leurs conditions de vie ne permettent ni un accès à l’hygiène, ni aux différentes sources d’information fiables sur le COVID-19 et les façons de s’en protéger. L’épidémie COVID-19 pénalise doublement les enfants : leur accès à des services de soins de santé est encore plus difficile alors que les discriminations et stigmatisations dont ils sont victimes risquent d’augmenter.

En RDC à KINSHASA 

Pour faire face à la pandémie de COVID-19, Médecins du Monde avec ses partenaires Apprentis d’Auteuil et le REEJER (et structures associées) a adapté son intervention axée sur :

  • La prévention afin de réduire le risque de contamination des enfants en situation de rue, du personnel soignant ou des éducateurs eux-mêmes mais aussi de réduire le risque qu’ils soient eux-mêmes des propagateurs du virus dans la communauté.
  • La prise en charge médicale de qualité et la plus précoce possible, en identifiant les enfants en situation de rue les plus à risque de développer des formes sévères de la maladie et en assurant un accès aux soins gratuit.
  • La protection et la non-stigmatisation : en organisant des logements d’urgence, avec un soutien alimentaire mais aussi psychologique en cas de besoin.

 « À Kinshasa, la population d’enfants en situation de rue est estimée à 60.000 personnes. Avec les mesures de confinement, les enquêtes pour réunification familiale et les médiations familiales ont dû être suspendues rendant beaucoup d’enfants tristes et anxieux. De plus, il est impossible pour eux d’accéder au minimum de protection par manque d’eau sur leur lieu de vie et de se payer un masque leur permettant de se protéger un minimum. Nous concentrons donc nos efforts sur une détection rapide des cas suspects et, le cas échéant, sur une référence vers une structure de prise en charge adaptée. » déclare Augustin Ngoyi, coordinateur du projet de Médecins du Monde. 

Burkina Faso

Au Burkina Faso, un couvre-feu a été instauré de 22h à 8h du matin. Et le gouvernement a décidé que tous les enfants en situation de rue devaient être hébergés dans un centre la nuit. Ce sont les forces de l’ordre qui orientent les enfants vers les structures d’accueil, lorsqu’il y a de la place. Ce qui pose souvent des problèmes étant donné le manque d’espace d’hébergement.

Sur le terrain, notre partenaire Keoogo a adapté ses activités :

  • Les maraudes de jour se poursuivent avec des sensibilisations de leaders communautaires.
  • Les maraudes de nuit ont été interrompues en raison du couvre-feu.
  • Les activités regroupant plusieurs enfants ont été suspendues (groupes de parole, théâtre forum).
  • Alimentation et hygiène : des distributions de vivres, d’eau et de matériel de protection (savon, bidons d’eau, masques, gants, gel, etc) auprès des centres d’accueil et sur différents sites fréquentés par les enfants et les jeunes en situation de rue.
  • Sensibilisation auprès des enfants logés dans des locaux mis à disposition par la communauté pour la nuit.
  • Renforcement de l’équipe de santé du centre médical de Keoogo pour accueillir les nouveaux bénéficiaires. 

Au village de jeunes filles :

  • Confinement : interdiction des visites et des autorisations de sortie.
  • Sensibilisation des filles du village et formation sur les mesures préventives. 
  • Réduction du nombre de personnel (agents) en contact avec les jeunes filles.
  • Hygiène : installation des laves-mains et mise à disposition des gels hydroalcooliques.
  • Amélioration du screening et identification salle isolement.
  • Gants, gels hydroalcooliques et masques disponibles au centre médical.

« Le couvre-feu implique que nous avons moins accès aux enfants pour la sensibilisation, la formation et la détection de cas COVID-19. Beaucoup préfèrent se rendre en périphérie pour échapper à la police qui n’y circule pas. On constate aussi des activités de prostitution de jour et donc les travailleuses du sexe sont moins disponibles pour des séances de sensibilisation et de protection. Nous avons par ailleurs reçu plusieurs demandes de jeunes filles en situation de rue qui veulent intégrer le centre. » explique Zampou Lassina, Directeur des Opérations de Keoogo.

Bénin

Au Bénin, tous les cas confirmés sont centralisés dans le même hôpital. Il n’y a pas de confinement mais le port du masque est obligatoire dans les lieux publics. Notre partenaire Terres Rouges a fait appel à des médecins volontaires pour renforcer la capacité des centres si nécessaire.

Terres Rouges a adapté ses activités en coordination avec ses partenaires de terrain :

  • Les deux centres de nuit (filles et garçons) accueillent désormais 50% de jeunes supplémentaires.
  • Des séances de sensibilisation et/ou de vérification des mesures de protection sont organisées auprès des patrons d’ateliers de formation professionnelle, des relais communautaires et des jeunes ‘pairs aidant’.
  • Protection : mise en place de points d’eau pour lavage des mains dans la ville.
  • Amélioration de l’hygiène dans les structures d’accueil et les dortoirs.
  • Identification de salles d’isolement pour les cas suspects.
  • Appui psychologique pour le personnel et les bénéficiaires.

« Nous constatons une augmentation du nombre d’enfants en situation de rue et une recrudescence de la violence. De nombreux enfants ont par ailleurs des problèmes pour trouver de la nourriture. » explique Hermann Hessou, coordinateur de Terres Rouges au Bénin.

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