COVID-19: Plus de 1.000 consultations en 5 semaines

Depuis le début de l’épidémie de COVID-19, Médecins du Monde a renforcé et intensifié ses interventions en Belgique. Entre le 16 mars et le 19 avril, 1.181 consultations ont été données à des personnes sans-abri, migrantes ou vivant dans la précarité. Au total, ce sont 943 personnes qui ont fréquenté les consultations, en moyenne 176 personnes par semaine. 83 d’entre elles, soit 8,8% des patient.e.s étaient des cas suspects de COVID-19 (17 cas en moyenne par semaine). Ces personnes ont été orientées vers des centres de confinement pour personnes vulnérables.

Au total, Médecins du Monde compte 15 projets en Belgique : 3 centres de soins permanents à Bruxelles et Anvers, pour des personnes n’ayant pas d’accès aux soins; des équipes médicales dans les hôtels et centres d’hébergement de Bruxelles; des antennes de soins à Ostende, Zeebruges, Namur, Mons et La Louvière; un Médibus; un Hub humanitaire à Bruxelles et un centre d’hébergement médical pour les personnes sans-abri fragilisées à Anvers.

Pas d’accès aux soins non plus avant la crise sanitaire

Ces projets apportent une aide médicale aux personnes qui étaient déjà exclues des soins de santé avant la crise sanitaire du COVID-19, en raison de leur statut, de leur situation financière ou de leur condition de vie précaire. Il s’agit de personnes sans-abri, migrantes, sans-papier, de demandeurs d’asile (déboutés), d’usager.ère.s de drogues ou de Belges qui vivent dans des conditions de pauvreté extrême et qui n’ont plus d’accès au système de soins ‘classique’.

« Nous demandons depuis de nombreuses années que le système de soins de santé soit accessible à tous et toutes. Plus de 80% des personnes que nous voyons chez Médecins du Monde n’ont aucun accès aux soins, car ils et elles en sont systématiquement exclu.e.s. Ce chiffre était déjà alarmant avant l’épidémie de COVID-19, la constatation est aujourd’hui encore plus douloureuse. » affirme Alexis Andries, Directeur des projets belges de Médecins du Monde.

Plus de 600 candidatures de bénévoles

Au début de la crise sanitaire, on craignait que les personnes les plus vulnérables soient à nouveau oubliées: au niveau fédéral, les recommandations dans notre pays ne prenaient pas en compte les personnes qui ne pourraient pas se confiner, étant donné qu’elles n’ont pas de logement, ni celles qui ne disposent pas des moyens leur permettant de suivre les recommandations, de désinfecter leurs mains, de respecter la distanciation sociale ou tout simplement de trouver une aide médicale. « Et cela, alors qu’il s’agit de personnes qui appartiennent souvent à des groupes plus à risque que la population globale car ils et elles souffrent de maladies chroniques comme le diabète et sont fragilisé.e.s par leurs conditions de vie. »

Médecins du Monde a décidé de réorganiser ses activités en Belgique. Et a pu compter sur une équipe de 600 nouveaux bénévoles qui se sont présenté.e.s pour appuyer nos projets COVID : « Nous n’avions plus vu un tel nombre de candidat.e.s depuis la crise des migrant.e.s au Parc Maximilien en 2015 », commente Alexis Andries.

Les bénévoles à l'accueil du Centre Jacques Brel
Un pays qui exclut des soins se tire une balle dans le pied

Une partie des projets existants a été réorganisée pour répondre aux recommandations. Par ailleurs, plusieurs nouveaux projets -souvent en collaboration avec les villes et les communes- ont été lancés comme le centre de jour pour personnes sans-abri de Bruxelles ou le centre d’hébergement médical d’Anvers pour les personnes sans-abri fragilisées.

Mais tout cela est encore insuffisant, selon Alexis Andries : « Pour les personnes qui vivent en marge de la société, la période est particulièrement stressante. Avoir une capacité de prise en charge suffisante jusqu'à la disparition totale du virus, que ce soit pour les patient.e.s non-COVID ou COVID, est et reste un défi crucial. Pour celles et ceux qui n’ont pas la possibilité de ‘rester à la maison’, qui doivent dormir en rue ou qui sont hébergé.e.s dans des centres surpeuplés, cette crise représente une charge mentale supplémentaire qui s’ajoute à des conditions de vie déjà difficiles. ».

À court terme, l’organisation demande une aide supplémentaire pour augmenter la capacité de testing, de matériel de protection, de soutien médical et un assouplissement des conditions et des procédures administratives permettant l’accès aux soins des personnes vulnérables.

Sur le long terme, Médecins du Monde demande qu’on travaille, après la crise, à ce que le système de soins n’exclue plus les personnes selon leur statut, leur situation financière ou le fait qu’ils et elles ne disposent pas de papier. « Si cette crise a mis quelque chose en lumière, c’est bien le fait qu’un pays qui exclut les plus faibles, se tire une balle dans le pied. »

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