Démantèlement d’un camp de réfugié.e.s. à Calais : un de plus selon l’Observatoire des expulsions

Depuis hier (16 novembre 2021), la police française démantèle un camp qui accueille plus de mille migrants à Grande-Synthe.

Ce démantèlement s’inscrit dans une plus grande série : c’est ce qui ressort du bilan annuel de « l’Observatoire des expulsions » que Médecins du Monde France a publié le 16 novembre en collaboration avec 7 organisations.

Ce rapport montre que le gouvernement français a organisé 1130 démantèlements dans le pays l’année dernière. 77% d’entre eux ont été organisés dans le nord de la France. Les mêmes endroits ont souvent été évacués des centaines de fois et les réfugié.e.s sur place sont parfois chassé.e.s des dizaines de fois.

Au total, au moins 172.469 personnes ont été chassées de ces camps l’année dernière en France[1], ce qui équivaut à une moyenne de 472 personnes par jour. 90% d’entre eux.elles sont resté.e.s à Calais et Grande-Synthe.

Violence policière et destruction de biens

Les démantèlements vont de pair avec la violence : dans 24% des expulsions, les réfugié.e.s sont confronté.e.s à de la violence physique ou verbale comme des menaces, insultes ou arrestations. De plus, dans 71,5% des cas, les biens de réfugié.e.s sont détruits ou saisis sur place. Il s’agit notamment de papiers d’identité, de vêtements ou tentes, qui représentent souvent les seuls biens que ces personnes possèdent pour se protéger contre le froid ou la pluie.

Que se passe-t-il après le démantèlement ?

Le rapport montre que dans 91% des expulsions et démantèlements des camps, les personnes sont repoussées dans la rue, sans qu’aucun abri ne soit trouvé. Avec l’hiver qui approche, cette situation soulève de vives inquiétudes : le rapport montre en effet que 68% des expulsions sont organisées durant l’hiver, laissant ces réfugié.e.s sans tente ni vêtement. De nombreuses familles se trouvent parmi eux.elles, avec parfois de très jeunes enfants.

Médecins du Monde demande l’arrêt immédiat de cette politique inhumaine au cœur de l’Europe.

 

Retrouvez la publication de l'Observatoire ici.

 

[1] Ce chiffre ne signifie pas que 172.469 personnes différentes ont été expulsées le 1er novembre. Les mêmes personnes sont parfois chassées plusieurs fois par jour et peuvent connaître des dizaines d’expulsions.

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