Deux ans du Hub humanitaire

Grâce à l’association de plusieurs organisations de la société civile et de citoyens qui ont uni leurs forces pour pallier à l’absence des réponses structurelles des autorités en 2017, plus de 6000 migrant.e.s ont pu accéder à différents services dans un espace sécurisé.

D’abord présent rue Frontispice, puis durant 1 an et demi à la Gare du Nord, le hub se trouve depuis le 11 juin dans un bâtiment prêté par le port de Bruxelles (100 avenue du Port), à 15 minutes à pied de la Gare du Nord. Il rassemble la Plateforme citoyenne de Soutien aux réfugiés, la Croix Rouge de Belgique, Médecins du Monde et Médecins Sans Frontières, en partenariat avec SOS Jeunes.

David Leclercq, coordinateur du hub humanitaire.

« Les deux années de travail au sein du hub humanitaire sont là pour prouver qu’un mécanisme d’accueil et d’orientation positif et digne est possible et qu’il a un impact positif sur la santé, la vie et la dignité des personnes en transit», explique David Leclercq, coordinateur du hub humanitaire.

«Il faut (re)mettre les choses en perspective, on parle d’un groupe de 800 personnes présentes à Bruxelles, 1.000 sur le territoire belge. On est loin d’un ’effet appel d’air’ puisque ce groupe est stable, ‘malgré’ l’aide que leur offre les organisations du hub », selon D. Leclercq.

3.000
personnes différentes
ont poussé les portes du hub chaque année
15 à 20%
sont des femmes
33,5%
sont de nationalité érythréenne
24%
sont de nationalité soudanaise
13,3%
sont de nationalité éthiopienne

Chaque mois, le service médical mis en place par Médecins du Monde effectue en moyenne 631 consultations et le service santé mentale développé par Médecins Sans Frontières, en moyenne 207 consultations. Le service d’accompagnement socio-administratif (SISA) mis en place par la Plateforme citoyenne de Soutien aux Réfugiés effectue mensuellement, en moyenne 180 entretiens et le service de distribution de vêtements de la Plateforme Citoyenne a enregistré en moyenne 1.955 entrées. Via son Service de Rétablissement des Liens Familiaux (RLF), la Croix-Rouge de Belgique vise à maintenir et rétablir les liens familiaux fortement impactés par les trajectoires migratoires, et a offert entre autres chaque mois, 617 appels téléphoniques gratuits vers les pays d’origine*.

Transfert d'expertise

Depuis deux ans, les organisations partenaires plaident pour la mise en place d’un mécanisme d’accueil et d’orientation en articulation avec les institutions régionales et fédérales. Cette mission pourrait être confiée à de nouvelles institutions ou à des partenaires existants.

« A termes, la volonté de toutes les organisations est de trouver une solution structurelle pour un accueil digne de ces personnes» selon David Leclercq.

Focus sur les femmes et les enfants

L’absence de prise en charge institutionnelle et de protection des femmes et des enfants migrant.e.s a des effets encore plus dramatiques sur ces groupes fragilisés. Sur base de l'expertise accumulée, les organisations du hub ont donc mis en place des services spécifiques qui visent ces groupes difficiles à atteindre.

Ainsi, la Plateforme Citoyenne a récemment ouvert la Sister’s house à Ixelles, un hébergement réservé aux femmes. Et Médecins du Monde a initié des consultations sages-femmes, alors que Médecins Sans frontières leur propose des consultations psychologiques. Au sein du hub, un espace femme a été prévu pour ‘créer du lien’ et les rassurer. Entre janvier 2018 et juin 2019, la part des femmes présentes au hub est passée de 5,4% à 17,4 %, sans que leur nombre n’ait augmenté sur le territoire.

Conférence de presse, 2 ans du hub, 30 septembre Bruxelles

David Leclercq : « Les femmes migrantes étaient invisibles, alors qu’elles étaient là. Nous avons travaillé sur la confiance: au départ, la plupart consultent pour une raison anodine comme un mal de tête, à la deuxième visite, elles acceptent de parler des sévices qu’elles ont subi, d’interruption de grossesses non médicalisées…».

Et, pour mieux prendre en charge les enfants, SOS jeunes assure leur accompagnement social (360 mineurs sur les 8 premiers mois de 2019). Chaque mois, en moyenne, 45 jeunes et enfants obtiennent des entretiens et des démarches sont entreprises dès la première rencontre pour la moitié d’entre eux*

Hugo Lantair, coordinateur SOS Jeunes :

Hugo Lantair, coordinateur SOS Jeunes : : « Pour ces jeunes, il n'existe aucune prise en charge des autorités publiques censées intervenir. SOS Jeunes considère que l'intérêt supérieur de l'enfant, doit être une considération primordiale, comme l'indique d'ailleurs la Convention internationale des droits de l'enfant ratifiée par la Belgique en 1989.»

Organisations partenaires hub

*Chiffres du hub : 4 premiers mois de 2019, issus des consultations médicales Médecins du Monde et de SOS Jeunes

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