HUIT ANS APRÈS LE DÉBUT DU CONFLIT, UNE TRAGÉDIE OUBLIÉE MAIS BIEN RÉELLE

Ce 15 mars 2019 marque les huit ans d’un conflit qui s’efface jour après jour de nos écrans mais reste pourtant bien présent sur le terrain. Huit ans après, l’impunité est reine. Les besoins humanitaires, notamment en santé, sont immenses pour la population civile syrienne traumatisée et épuisée par ce conflit qui n’en finit pas. La Conférence sur la Syrie qui s’ouvre ce 12 mars à Bruxelles doit répondre avec force à ces besoins et Médecins du Monde appelle la communauté internationale à ne pas se désengager de cette crise  et à intensifier son soutien aux acteurs humanitaires.

Depuis huit ans, la situation humanitaire n’a cessé de se détériorer et atteint aujourd’hui des niveaux insoutenables pour la population civile restée sur place et pour les réfugiés dans les pays limitrophes :

  • Plus de 400 000 personnes sont mortes et 13,2 millions de personnes ont besoin d’une assistance médicale en Syrie contre 11,3 millions en mars 2018 sous l’effet conjugué d’un accès aux soins insuffisant, d’un manque de personnel médical, de la destruction de nombreux centres de santé, de la durée de la crise et de la détérioration de tous les services ;

  • On compte 5,3 millions de réfugiés syriens dans le monde dont la majorité se trouve actuellement dans les pays limitrophes (Liban, Jordanie et Turquie).L’accès à la santé de ces réfugiés reste un défi majeur en raison des obstacles financiers et administratifs ;

  • Le système de santé syrien plie sous le poids de huit ans de crise et reste la cible privilégiée des attaques des protagonistes. Aujourd’hui 2/3 des professionnels de santé ont quitté le pays ;

  • Les populations déplacées internes dans le Nord-Ouest et le Nord-Est sont particulièrement vulnérables aux épidémies de maladies infectieuses et aux conditions de vie précaires ;

  • 15% des Syriens ont des besoins en santé mentale, à cause des traumatismes subis, auxquels Médecins du Monde tente de répondre. Cette crise invisible aura des répercussions pour les générations à venir si les parties impliquées ne les prennent pas en compte.

« Après huit ans d’un conflit épouvantable, nous pensions avoir vu le pire, mais les années passent et le constat est de plus en plus alarmant. La relégation au second plan dans les médias de ce sujet ne doit pas nous faire oublier la tragédie en cours, notamment pour le personnel soignant. Comment accepter que la Syrie soit le pays le plus dangereux pour le personnel de santé, avec 102 soignants morts en 2018 ? Actuellement 70% des attaques contre le personnel de santé dans le monde ont lieu en Syrie » déplore le Dr Philippe de Botton, président de Médecins du Monde.

Une conférence sur la Syrie qui doit enfin répondre aux besoins humanitaires 

C’est dans ce contexte que débute aujourd’hui à Bruxelles la 3e Conférence internationale sur la Syrie. Présent en Syrie depuis des années, Médecins du Monde y participera afin de remettre au cœur des discussions la question des besoins humanitaires, notamment en santé.

Médecins du Monde appelle l’Union européenne, les Nations unies et les gouvernements régionaux à ne pas estimer que la crise syrienne est terminée et à accentuer son engagement sur ce sujet. Il est primordial que la communauté internationale réponde aux besoins en santé et apporte les moyens qui assureront une continuité des services mis à mal par huit ans de conflit.

Enfin, cette Conférence doit rappeler la nécessité de respecter le droit international humanitaire afin de garantir la protection des personnels de santé et l’accès aux soins.

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