Soins de santé mentale pour personnes réfugiées à la frontière bosniaque

Chiffres
7000 : le nombre de personnes réfugiées coincées à la frontière entre la Bosnie et la Croatie

3: le nombre de camps dans lesquels Médecins du Monde propose des soins en santé mentale

67% des personnes réfugiées sont au-dessus de la moyenne en ce qui concerne la dépression

Contexte

Selon les chiffres des Nations unies, entre janvier et juin 2009, 35.000 personnes réfugiées sont arrivées en Bosnie. La majorité d’entre elles a l’intention de rejoindre l’Europe en passant par la frontière avec la Bosnie. Il s’agit surtout de Pakistanai.se.s (34%), d’Iranien.ne.s (12%), de Syrien.ne.s (11%) d’Afghan.ne.s (10%) et d’Irakien.ne.s (9%). En moyenne, 1 personne sur 10 est mineure et 13% des personnes réfugiées voyagent en famille.

Etant donné l’intensification des contrôles à la frontière croate et l’augmentation des flux migratoires passant par la Serbie et le Monténégro, 7.000 personnes se retrouvent coincées à la frontière Bosnie/Croatie. Les 4 camps de réfugiés officiels dans cette zone frontalière ont une capacité de 3.200 personnes et affichent complet. La majorité des personnes réfugiées, quelque 4.000 personnes, survivent dans la clandestinité, chez des particuliers, dans des squats ou à la rue. Sur le terrain, l’afflux de personnes réfugiées occasionne des tensions. Les organisations d’aide humanitaires n’arrivent pas à faire face aux besoins et la population locale exprime son mécontentement. De plus, les ‘pushbacks’ (refoulements forcés) des personnes migrantes hors de Croatie, vers la Bosnie vont souvent de pair, selon plusieurs organisations, avec des violences policières.

Que fait Médecins du Monde ?

Médecins du Monde est active dans 3 camps à la frontière bosniaque depuis avril 2019. Nos équipes composées de psychologues et de médiateurs culturels offrent une aide psychologique. Une attention particulière est accordée aux jeunes filles et aux femmes, à qui nous proposons également la détection, le traitement et la prévention des violences sexuelles.

Pourquoi la santé mentale?

Les personnes réfugiées sont de fait exposées à un plus grand risque de problèmes de santé mentale. Ils ont perdu leur maison, leur statut et leur culture, et souvent aussi des membres de leurs familles et leurs enfants. Une personne réfugiée doit donc supporter, en plus de traumatismes liés à la guerre ou à des conflits, des stress intenses, une perte d’identité et l’absence de perspective. 

Une enquête de Médecins du Monde réalisée en Croatie en (2019) a mis en évidence des troubles d’anxiété de 57,8% au-dessus de la moyenne et de 67,4% au-dessus de la moyenne en ce qui concerne la dépression.

Enfin, les femmes et les jeunes filles sur la route, courent un plus grand risque d’être victimes de violences sexuelles.

Concrètement?

En Bosnie, Médecins du Monde soutient aussi bien les personnes réfugiées que les travailleur.euse.s humanitaires. Il s’agit concrètement d’aide dans le domaine de la santé mentale et d’accompagnement de filles et de femmes qui courent un risque élevé ou ont été confrontées à des violences basées sur le genre :

- Nous offrons aux travailleur.euse.s humanitaires, aux fonctionnaires du Ministère de la santé et au personnel soignant qui travaillent avec les personnes réfugiées en Bosnie, des formations sur l’identification et le traitement des violences basées sur le genre.
- Nous proposons des psychothérapies aux filles et aux femmes vivant des les 3 camps situés à la frontière entre la Croatie et la Bosnie. Il s’agit aussi bien de thérapies individuelles que de groupes. Nous soignons chaque mois en moyenne 80 femmes et filles. 30 d’entre elles sont des survivantes de violences sexuelles. Elles reçoivent ensuite un traitement médical et psychologique.
- Nous offrons un programme ‘life skill’ (compétences de vie) d’empowerment des femmes et des filles dans le centre. L’objectif de ce programme est de diminuer les symptômes d’anxiété et de dépression. En moyenne, 600 jeunes filles prennent part chaque mois à ce programme.
- Nous identifions les besoins médicaux en termes de santé sexuelle et reproductive. Il peut s’agir de suivi de grossesses, de contraception ou de dépistage de maladies sexuellement transmissibles. Celles qui ont besoin d’une aide plus spécialisée peuvent consulter un gynécologue.
 

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