Femmes & Empowerment

Droits des victimes de violences liées au genre

Les victimes de violences liées aux genre ne devraient plus souffrir d'un manque d'assistance.  Ensemble, nous pouvons les aider et changer la situation à partir aujourd’hui.

PERMETTEZ-NOUS DE VOUS CONTER UNE PETITE HISTOIRE…

Je vivais avec mon mari et mes enfants. Notre vie était rythmée par les semences et les récoltes de nos cultures jusqu’au jour où les affrontements ont commencé. Malheureusement, ce jour-là, j’étais à la maison… Des soldats ont violé ma fille de 9 ans. Ces mêmes soldats m’ont également violée, devant un groupe de femmes et d’enfants qui ont subi le même sort.

Mon mari s’est fait tirer dessus pendant les affrontements, il est décédé avec tout le reste du village. Nous nous sommes enfuis et nous sommes restés un mois dans la brousse. Nous n’avions pas d'endroit où dormir, nous étions sans nourriture. Aujourd’hui je dois m’occuper seule de mes 10 enfants. Je ne peux pas les emmener à l'école. Je ne peux même pas les nourrir.

Femme racontant son histoire tragique

Vous venez de découvrir l'histoire d'Ernestine, une femme de 51 ans traitée par MSF dans la clinique de violence sexuelle en République démocratique du Congo. Elle n'est qu'une des 2 600 victimes que nous avons vus en 2018. Seules 38% des survivantes ont le même âge qu’Ernestine. La plupart, au moins 55%, sont en âge de procréer et présentent donc un risque de tomber enceintes à la suite d'un viol. Plus dérangeant encore, 5% des victimes ont moins de 15 ans.

Femme assise sur son lit d'hôpital se tenant le visage entre les mains

En tant qu'organisations médicales sur place, MSF et Médecins du Monde constatent directement de nombreux manques des victimes de violences liées au genre (VLG) dans des situations de crise comme:

  • l'incapacité d'accéder à des soins indispensables, que ce soit en raison de l'insécurité, de la stigmatisation, de la crainte d'un signalement obligatoire à la police, ou simplement du manque de disponibilité des services;
  • l’impossibilité d'avorter, pourtant si important dans ce type de contexte ;
  • l’aide limitée en matière d'hébergement, de moyens économiques, de soutien social ou juridique ;
  • la gestion inadéquate de groupes particulièrement vulnérables comme les enfants, les adolescents, les hommes, les travailleuses du sexe, les personnes handicapées et les personnes déplacées.

Grâce à nos précédentes expériences nous savons ce qui peut-être mis en place:

  • Un ensemble de soins immédiats, fiables et complets, comprenant des soins médicaux et psychologiques. Ces soins devraient être fournis dans les 3 jours qui suivent un incident, afin de prévenir les IST, le VIH et les grossesses non désirées. Ceci inclus l’accès à des soins d'avortement sans risques.
  • L’assistance doit également être envisagée de manière holistique. Les services médicaux et psychologiques constituent un point de départ clé mais l'accès à la protection ainsi qu'un soutien juridique et socio-économique doivent être garantis.
  • Afin d’assurer la mise en œuvre du MISP (Minimum Initial Service Package) pour le RHI (Reproductive Health Implementation), la chaîne d'approvisionnement doit être sécurisée.
  • Des soins mieux adaptés doivent être mis en place pour veiller à ce que toutes les populations vulnérables, y compris les victimes de violence conjugale, soient traitées et prises en charge en fonction de leurs besoins particuliers.
  • Supprimer les obstacles pour l’accès aux soins complets pour les victimes de violences liées au genre. Par exemple ne plus devoir déclarer obligatoirement un fait de violence lié au genre avant d’accéder aux soins.
  • Cesser la stigmatisation et l'impunité; les victimes doivent pouvoir rapporter les violences qu’elles ont subie en toute sécurité et trouver justice.

Selon nous, ces mesures sont parfaitement réalistes. Ernestine et les autres victimes ne devraient plus souffrir.  Ensemble, nous pouvons les aider et changer la situation à partir aujourd’hui.

Maria Guevara, conseillère principale de Médecins Sans Frontières.

Aurélie Leroyer, Coordinatrice « Violences liées au genre » chez Médecins du Monde.

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