Urgences & Crises

Médecins du Monde élargit ses activités à Lesbos et interpelle l’UE : La Belgique et les États membres européens n’ont plus le droit de fermer les yeux !

Des milliers de réfugié.e.s errent sur l’île de Lesbos, complètement hagard.e.s, après qu’un incendie ait réduit en cendres le camp de Moria. Médecins du Monde a déployé une clinique mobile à l’extérieur du camp et envoie depuis Athènes des kits d’urgence contenant des médicaments, du matériel médical et des articles de première nécessité vers la zone affectée.

JE FAIS UN DON POUR LESBOS

« Une clinique mobile de Médecins du Monde est actuellement en opération aux abords du camp. Nous menons des consultations médicales et identifions les victimes possibles », explique Constantinos Petradellis, coordinateur de l’équipe de Médecins du Monde à Lesbos. « Pendant ce temps-là, à Athènes, nos équipes constituent des kits d’urgence avec des biens de première nécessité (tentes, sacs de couchage, équipements de protection contre le Coronavirus, produits d’hygiène, médicaments et matériel médical) à envoyer sur place. »

« La situation est pour le moment très chaotique », poursuit M. Petradellis. « Selon un témoin oculaire, les personnes évacuées qui étaient en route vers la ville de Mytilène ont été bloquées par la police et se sont retrouvées coincées sur l’autoroute. À cause de l’incendie, des milliers de personnes ont dormi dehors cette nuit. De Moria jusqu’à la périphérie de Mytilène, de nombreuses personnes sont assises au bord de la route, avec les quelques affaires qu’elles ont réussi à emporter. À nouveau en fuite, à nouveau à la recherche d’un peu de sécurité. »  

La honte de la politique migratoire européenne

« Ce camp est depuis longtemps une honte pour l’Europe. Compte tenu des conditions de vie déplorables à Moria, cette catastrophe était inévitable. Ce n’est pourtant pas la première fois que des incendies se déclarent sur place, qu’on y déplore des morts, que des ONG font état d’une situation intenable, inhumaine et dangereuse sur l’île. Il est temps qu’elles soient écoutées et que le Gouvernement belge et, par extension, l’UE assument leurs responsabilités. Cela implique la relocalisation de réfugié.e.s vers la Belgique et d’autres pays européens », indique Michel Genet, Directeur général de Médecins du Monde Belgique. « Une chose est sûre : si l’UE n’est pas prête à revoir fondamentalement sa politique d’asile et de migration, ce genre d’incident se reproduira. Cette catastrophe est le résultat et l’illustration parfaite d’une politique qui, à tous les égards, ne peut être considérée que comme un échec. »

Une chose est sûre : si l’UE n’est pas prête à revoir fondamentalement sa politique d’asile et de migration, ce genre d’incident se reproduira

La crainte d’une augmentation des cas de COVID-19

Parmi les réfugié.e.s qui ont fui les flammes, 37 personnes seraient positives au Coronavirus, selon les estimations. « Il y a bel et bien un risque que le virus se propage de manière incontrôlée. Beaucoup de personnes ont un système immunitaire affaibli à cause des conditions de vie désastreuses à Moria et des traumatismes qu’elles ont vécus durant leur périple. »

En ce qui concerne l’épidémie de COVID-19, Médecins du Monde déplore un manque total de vision : « En avril, Médecins du Monde Grèce avait présenté un plan de réponse au Coronavirus qui plaidait notamment pour la construction de centres de tri et de quarantaine pour les personnes réfugiées sur l’île. Malheureusement, ces projets n’ont jamais vu le jour car il n’y avait, à ce moment-là, aucun signe de contamination. Or il était inévitable que la situation s’aggrave. Et ici aussi, il a été décidé d’ignorer les faits et les signaux d’alarme. »

--------

Médecins du Monde a été contrainte de se retirer du camp de Moria en 2016, après que les autorités grecques aient repris l’organisation des soins médicaux et autres services d’appui. Depuis lors, les conditions de vie se sont considérablement détériorées. Actuellement, 22 soignant.e.s de Médecins du Monde fournissent des soins médicaux et psychologiques à des réfugié.e.s particulièrement vulnérables dans le camp de Kara Tepe, à Lesbos. Par ailleurs, Médecins du Monde gère six polycliniques où les réfugié.e.s, les personnes sans-papiers et les personnes sans-abri peuvent recevoir une aide médicale.

 

JE FAIS UN DON POUR LESBOS

Contactez-nous

Médecins du Monde

Faites un don : BE26 0000 0000 2929


Rue Botanique 75, 1210 Bruxelles
Tél : +32 (0) 2 225 43 00
info@medecinsdumonde.be

TVA: BE 0460.162.753