Belgique

Un symposium attire l’attention sur le dérapage des prix des médicaments et des traitements médicaux prioritaires

Le prix des nouveaux médicaments et traitements explosent. Leur remboursement met le budget de l’assurance maladie sous forte pression. Dans le même temps, aucun ou pas suffisamment de médicaments ne sont développés pour certains besoins médicaux importants (comme les nouveaux antibiotiques). Test Achats, Médecins du Monde et Kom op tegen Kanker lancent aujourd’hui le débat sur la problématique lors d’un symposium au Parlement fédéral. Ils y formulent 10 recommandations sur l’accessibilité et le prix abordable des traitements médicaux pour le prochain gouvernement. Tous les partis politiques estiment que des ajustements sont nécessaires. Neuf recommandations sur dix reçoivent le soutien de la majorité des partis. Leurs réactions seront rendues publiques.

Les prix demandés par les grandes sociétés pharmaceutiques pour de nouveaux médicaments sont à la hausse depuis plusieurs années. Ils constituent une menace pour le système d’assurance maladie solidaire en Europe. L’Institut National d’assurance Maladie-Invalidité (INAMI), a estimé en juin dernier que le budget de l’assurance maladie serait dépassé d’un demi-milliard d’euros en 2019. Test Achats, Médecins du Monde et Kom op tegen Kanker demandent aux autorités de renforcer leur position dans les négociations sur les prix et les remboursements avec les firmes pharmaceutiques. Des modèles alternatifs doivent également être mis en place pour le développement de médicaments dont la population a le plus besoin à un prix raisonnable.

Développer autrement les médicaments

Le système actuel d’incitants à la recherche et au développement est en partie responsable du prix très élevé des médicaments. Un brevet crée un monopole, ce qui permet de fixer un prix élevé. En outre, le développement commercial des médicaments est inefficace : trop de recherches sont menées dans certains domaines, tandis que trop peu de médicaments sont développés pour des maladies moins intéressantes commercialement.

En raison de ces limitations, des méthodes alternatives de développement des médicaments sont à l’étude. Certaines d’entre elles sont déjà une réalité, mais à petite échelle. Test Achats, Médecins du Monde et Kom op tegen Kanker souhaitent que les autorités européenne et belge mettent en œuvre des initiatives novatrices. Cela implique un soutien direct à la recherche et un soutien aux organisations qui développent des médicaments de manière plus transparente et plus axée sur les besoins.  Il y a aussi moyen d’offrir des récompenses aux producteurs de nouveaux médicaments nécessaires ou même pour une étape importante de leur développement.

Déjà aujourd’hui, les autorités injectent beaucoup d’argent dans la recherche académique qui est à la base de nouveaux médicaments. La société paie donc deux fois : une première fois pour les investissements dans la recherche et une seconde fois pour le remboursement par l’assurance maladie. Les financeurs publics doivent donc imposer des conditions garantissant que les nouveaux médicaments auxquels ils ont contribué, soient disponibles pour tous ceux qui en ont besoin à un prix acceptable. De plus, des fonds doivent être alloués en fonction des besoins médicaux et sociaux les plus importants. À cette fin, une liste de priorités doit être établie, de manière scientifique et transparente, avec la participation de tous les acteurs concernés, y compris les patients et les citoyens.

Une autorité plus forte dans la négociation des prix et du remboursement

Les décisions relatives à la fixation du prix et au remboursement des médicaments sont des compétences de chaque pays. Cette approche nationale ne suffit plus. Certaines stratégies, telles que la négociation pour des réductions de prix confidentielles pays par pays, ont probablement même contribué aux problèmes actuels.

 Lorsqu’un pays considère que le prix demandé pour un médicament est trop élevé pour le rembourser, les firmes offrent souvent une réduction de prix adaptée à ce pays, à condition que la réduction reste strictement secrète. Les pays peuvent ainsi avoir l’impression de conclure une bonne affaire, mais ils n’en ont pas le contrôle. C’est « chacun pour soi ». Les entreprises intègrent déjà les remises lors de la fixation de leur prix officiel et veulent obtenir ainsi le maximum dans chaque pays. Dans notre pays, le système a évolué vers un système de remboursement parallèle opaque : environ un quart du budget des médicaments est consacré aux médicaments remboursés par des contrats confidentiels.

Les Etats membres de l’Union européenne doivent unir leurs forces pour que la population ait accès aux médicaments indispensables à un prix raisonnable. En négociant ensemble, le marché s’agrandit et les autorités peuvent peser davantage dans la balance. Les réductions secrètes de prix doivent être supprimées. Les partenariats établis depuis plusieurs années dans diverses régions, comme le BeneluxA (une collaboration entre la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, l’Autriche et l’Irlande, afin de maintenir les médicaments innovants à prix abordable) doivent être progressivement élargis et renforcés pour pouvoir évoluer ensemble sur le long terme vers une négociation de prix au niveau européen.

Des médicaments abordables comme point d’action pour les programmes politiques en vue des élections

Ces propositions ne sont que quelques-unes des recommandations politiques formulées par les trois organisations. Par le biais du symposium de ce 8 novembre 2018, elles souhaitent lancer le débat parlementaire sur la question du développement des médicaments et de leur prix.

Le sujet doit occuper une place plus importante à l’agenda politique, y compris dans les engagements et les programmes des partis politiques lors des prochaines élections.

À l’approche du symposium, les trois organisations ont demandé aux principaux partis politiques s’ils sont disposés à inclure les dix recommandations dans leur programme électoral. Les résultats sont positifs : plusieurs propositions sont soutenues par l’ensemble ou une grande majorité des partis politiques.

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