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Violences au Sud-Kivu, RDC : Sauver des vies et assister les victimes de violences sexuelles

L’intervention de Médecins du Monde au Sud-Kivu, dans l’est de la RDC, vise à garantir l’accès aux soins de santé de qualité aux personnes les plus vulnérables touchées par le conflit. Mais aussi à prévenir et à assurer la prise en charge médicale et psychologique des victimes de violences basées sur le genre.

Le Sud-Kivu est confronté à une instabilité chronique causée par la présence de plus de 100 groupes armés. Ceux-ci alimentent une insécurité généralisée et provoquent de vastes mouvements de population créant d'importants besoins humanitaires. Selon le HCR, « deux années de conflit cyclique … ont forcé plus de 1,3 million de personnes à fuir leurs maisons en RDC, conduisant à un total de 5,7 millions de personnes déplacées à l’intérieur des provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri »

Les affrontements et exactions des groupes armés ont contribué à la dégradation du tissu social et la fragilisation du système de santé. Les violences commises à l'encontre des populations civiles et l’utilisation du viol comme arme de guerre, sont à l'origine de très nombreux cas de violences basées sur le genre (VBG).

 

Témoignage d’Aïsha

Le témoignage d’Aïsha (nom d’emprunt), 17 ans est malheureusement loin d’être exceptionnel. Elle se rendait au champ pour récolter du maïs. En chemin, vers 10h, elle a croisé un groupe de 3 miliciens parlant une langue inconnue et armés de machettes. L’un d’eux l’a bousculée puis l’a ligotée. Les 3 hommes l’ont ensuite violée, jusqu’à ce qu’elle perde connaissance. « A mon réveil j’étais attachée à un arbre et couverte de sang. Je n’avais plus envie de vivre ». 

Aïsha a été secourue par un habitant du village ayant suivi une formation avec Médecins du Monde sur la prévention et la prise en charge des victimes de viols. Il lui a donné les premiers secours psychologiques et l’a conduite au centre de santé le plus proche pour une prise en charge médicale et psychologique. 

Une fois rentrée chez elle, Aïsha, écrasée par un sentiment de honte, s’est enfermée dans sa chambre, incapable de s’alimenter... Elle a abandonné l’école par peur de la stigmatisation. Après une prise en charge psychologique, elle a finalement repris confiance en elle et a pu retourner à l’école. Aujourd’hui, elle souhaite devenir infirmière ou psychologue pour prendre en charge à son tour les victimes de viols dans sa localité. « J’ai repris confiance en moi grâce à l’appui de Médecins du Monde, je suis une nouvelle personne, je reprends goût à la vie » a-t-elle confié au psychologue. 

 

Itombwe et Minembwe : accéder aux soins dans un contexte précaire

Les zones de santé d’Itombwe et de Minembwe sont situées dans les Hauts-Plateaux de la province du Sud-Kivu. Les populations qui y vivent sont fortement impactées par les violences qui sévissent depuis plusieurs années.

En 2023, grâce aux équipes de Médecins du Monde :

  • 250 femmes victimes de viol ont bénéficié d’une prise en charge médicale 

  • 3.014 victimes de violence basées sur le genre ont reçu une prise en charge psychosociale

  • 39.924 personnes ont participé à des séances de sensibilisation sur le sujet

Dans ce contexte de violence marqué aussi par des épidémies, l’appui au système de santé est crucial. Médecins du Monde travaille au renforcement des capacités du personnel en charge des soins de santé primaires, y compris la prise en charge intégrée des maladies de l’enfants, et la prise en charge médicale et psychologique des victimes de violence basées sur le genre. 36 sites de soins communautaires ont par ailleurs été équipés par Médecins du Monde et leur personnel formé.

Carte (Itombwe, Minembwe, Nundu)

Nundu, résilience des communautés d’accueil et des personnes déplacées internes

La région de Nundu est située entre le lac Tanganika à l’Est et les Hauts-Plateaux de Fizi-Mwenga à l’Ouest. Les 21 aires de santé de la zone prennent en charge environ 30.000 personnes déplacées internes qui se sont ajoutées à une population de 278.916 personnes. 

Outre les conflits à répétition entre groupes armés locaux, régionaux et forces de sécurité, la population doit faire face à des catastrophes naturelles comme la montée des eaux du Lac Tanganyka, des fortes pluies ou des éboulements. Elle est aussi confrontée à une grande précarité : les principaux indicateurs de santé, la couverture sanitaire, les accouchements assistés par du personnel qualifié ou encore la couverture vaccinale y sont parmi les plus bas de la province du Sud-Kivu.

Nos interventions depuis le mois de juillet 2023 en quelques chiffres :

  • 47.345 consultations primaires curatives ont été effectuées, dont 26.147 au profit d’enfants de moins de 5 ans. Les motifs les plus fréquents ont été le paludisme (18.392 cas), la diarrhée (5.752 cas) et les infections respiratoires aiguës (7.375 cas).

  • 2.938 enfants ont été complètement vaccinés.

  • 3.487 naissances ont été assistées par du personnel médical qualifié.

  • 3.326 première consultations prénatales ont été réalisées.

  • 438 consultations psychosociales ont été dispensées.

  • 101 victimes de violences sexuelles ont reçu des soins dans les 72 heuresdont 29 filles de moins de 18 ans.

  • 247 enfants ont reçu des soins de santé sur des sites communautaires éloignés.

 

Grâce à l’intervention de Médecins du Monde, 116 survivantes de violences basées sur le genre ont reçu une réponse appropriée et 141 interventant.es communautaires ont reçu une formation sur les droits à la santé sexuelle et reproductive et sur les violences basées sur le genre.

Enfin, dans l’optique du développement durable et de l’amélioration du système de santé, y compris en santé mentale, des formations ont été dispensées à 4 agents de l’Hôpital Général de référence de Nundu. Les thèmes abordés : ‘Gestion des médicaments’, ‘Santé mentale et les premiers secours psychologiques’, Soins obstétricaux et néonatals d’urgence de base’ et ‘Soins après avortement’.

Médecins du Monde s’est également chargée de la réhabilitation partielle du service maternité de l’Hôpital Général de référence de Nundu avec la mise en place du « One Stop Center* » mais aussi par la rénovation du bâtiment adjacent destiné aux patientes en suite de couche et aux accompagnant.es.

Quelques chiffres sur les prises en charge des survivantes de violences sexuelles :

  • Prises en charge dans les 72h : 88% soit 29/33

  • Ayant reçu un accompagnement juridique : 100% soit 33/33

  • Eligibles ayant bénéficié d’un accompagnement psychosocial individualisé : 100% soit 33/33

  • Ayant bénéficié de l'orientation pour l’assistance juridique parmi les cas notifiés : 100% soit 33/33

 

Témoignage de Bahati Lukogo, psychologue

« Mon travail consiste à administrer les soins psychologiques aux personnes en détresse et plus spécifiquement aux victimes de violence basée sur le genre. Au quotidien, j'accompagne mes patient.es à retrouver de l’espoir et à surmonter des épreuves difficiles. J’aime mon travail parce qu’il redonne de l’espoir et favorise la résilience des personnes en détresse. »

Médecins du Monde Belgique est présente depuis 10 ans en RDC. Outre les interventions liées au contexte d’urgence  dans le Sud-Kivu, nos équipes sont entre autres intervenues à travers le renforcement des soins mères-enfants à Moba et elles ont apporté, pendant 7 ans, un appui opérationnel à l’hôpital Panzi de Bukavu qui a pris fin en fin 2021

 

 

* Ce modèle permet aux survivant.es de violences sexuelles de trouver dans un même lieu des soins physiques, mais également un accompagnement psycho-social, une réinsertion socio-économique et un soutien juridique.

 

©Caroline Thirion

 


 

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