Belgique
Personnes en marge de la société

9 mois de COVID-19 vus par nos volontaires & nos bénéficiaires - Bilan 2020

Comment se protéger d’un virus mortel quand on n’a pas de maison, ni d’argent pour s’acheter des masques ou du gel désinfectant ? Comment se faire soigner quand cela fait des années qu’on n’a plus accès aux soins de santé faute d’avoir des papiers, une mutuelle ou une adresse ? Comment respecter la distanciation physique quand on est entassé.es dans un centre d’accueil saturé pour personnes sans-abri ?

 

Quand l’épidémie a éclaté, Médecins du Monde s’est trouvée face à un gigantesque défi : celui de protéger les personnes qui se débattent au quotidien avec ces questions.

Très vite, à notre siège bruxellois, un même message nous est parvenu des volontaires de tous les coins du pays : « Nous n’abandonnons pas nos patient.es et personne ne nous empêchera de continuer ».

Voici le récit de cette vague de solidarité inédite. Vue par nos volontaires et nos bénéficiaires. Un récit qui aurait d’ailleurs été impossible sans vous : donateurs et donatrices, fondations, entreprises et partenaires qui nous soutiennent sans faiblir depuis les coulisses.

Votre solidarité a été impressionnante et cruciale.

8959
Consultations médicales
4680
Patient.e.s aidé.e.s dans nos cabinets
983
Personnes soignées lors de nos maraudes
3808
Personnes se sont rendues au Médibus
2500
Personnes vulnérables testées au COVID-19
36160
Masques distribués
Bénéficiaire accoudé à une rembarde

"J’ai des soucis pulmonaires et cardiaques et je suis bien conscient que je n’ai pas intérêt à attraper le Corona. Dans d’autres centres pour personnes sans-abri, on est mis dehors avec sa tasse de café dès le matin. Ici, on peut s’installer. J’ai de la chance d’être ici. Circuler toute la journée en rue en traînant un sac à dos de trente kilos, ce n’est pas une vie. Et certainement pas quand une pandémie souffle dans les rues."

Sterreke, un bénéficiaire du Centre de convalescence

Nous n’abandonnons pas nos bénéficiaires et personne ne nous empêchera de continuer.

Nos antennes à la côte

 

FLANDRE : NOS ANTENNES À LA CÔTE

Nos antennes à la Côte et en Wallonie sont restés ouvertes pendant la pandémie pour les personnes en situation de pauvreté, les personnes sans-abri et migrantes.

Bénéficiaire

« Le médecin pense que je devrais passer une échographie, mais je ne veux pas aller à l’hôpital. Je ne veux surtout pas attraper le Corona. J’ai un manque de sommeil chronique à cause de la douleur et du stress. Ça fait sept mois que je suis sans travail. Le Coronavirus a tout démoli, plus moyen de trouver du boulot. Lundi, j’espère qu’il y aura une nouvelle opportunité pour un job. »

Mich, bénéficiaire de notre poste antenne à Ostende.

Volontaire

"La crise du Coronavirus a été un véritable désastre. Nous avons dû fermer le centre d’accueil, une mesure particulièrement douloureuse pour ceux et celles qui vivent en marge de notre société. Les personnes qui arrivent ici sont non seulement épuisées, malades et vulnérables, mais aussi souvent très seules. Qu’il n’y ait plus d’endroit où discuter ou reprendre quelques forces avec un café, une tartine et de la soupe, était inhumain."

Johan, accompagnant au Centre d’accueil d’Ostende, où Médecins du Monde tient une consultation hebdomadaire

Centre d'accueil à Mons

Médecin et bénéficiaire

UN STADE DE FOOT DEVIENT UN CENTRE D’ACCUEIL À MONS

 

À Mons, durant la première vague, un stade de foot a été transformé en centre d’accueil pour personnes sans-abri. Médecins du Monde y a fourni des soins médicaux et psychosociaux continus. À Bruxelles & Anvers également, des équipes mobiles n’ont cessé de se rendre dans les différents centres d’accueil d’urgence pour personnes sans-abri.

Consultation

« Avec la crise du COVID-19, le fil ténu qui reliait les gens à leur santé a été complètement coupé. Ils et elles ont été expulsé.e.s de leur maison ou de leur squat, et n’ont plus pu se déplacer ni arrondir leurs fins de mois. Ce lieu et nos consultations comblent ce vide. »

Robin, médecin pour Médecins du Monde à Mons

Centre de jour

Cuisine centre de jour

OUVERTURE d'UN CENTRE DE JOUR POUR PERSONNES SANS-ABRI

 

Quand la plupart des services pour personnes sans-abri à Bruxelles ont cessé de fonctionner lors du confinement, Médecins du Monde a décidé d’ouvrir un centre de jour avec des repas, des douches et un espace pour la sieste. D’avril à juillet, 150 personnes y sont passées tous les jours. Au total, nos volontaires ont préparé 6000 repas, 3000 personnes sont venues prendre un douche et 1500 personnes ont utilisé notre espace sieste.

Chaussures dépareillées

« Je travaille 45 heures par semaine et je loue une petite chambre pour 400 euros. Je n’ai pas l’eau chaude, mais j’ai vécu 5 ans dans la rue, j’en ai vu d’autres. Le virus a rendu ma vie compliquée. D’habitude, je prends une douche chaude à la piscine publique. Mais tout est fermé. Alors je viens au centre de jour de Médecins du Monde pour me laver, faire une sieste et manger un bout. C’est le Médibus qui m’a fait connaître Médecins du Monde. Voilà déjà cinq ans qu’ils (et elles) me suivent, depuis mon opération du coeur. »

Antonio, 59 ans, visiteur régulier du centre de jour

Médibus

Bénéficiaire attendant à côté du Médibus

LE MÉDIBUS, AU CHEVET DES MALADES INVISIBLES DE LA CAPITALE

 

Pendant la pandémie, le Médibus de Médecins du Monde a été au chevet des malades invisibles de Bruxelles. Quand la pandémie s’est déclarée, nous avons multiplié les lieux de présence, renforcé nos équipes de médecins et distribué du matériel de protection. Il n’était pas exceptionnel de voir 50 personnes par soir de consultation.

« Le Médibus, mardi soir, Gare du Midi. Il y a un homme belge qui a séjourné dans la section psychiatrique de la prison de Forest, en quête de justice. Et Jennifer, une jeune femme aux yeux pénétrants et au ventre gonflé, au visage marqué par la boisson et la drogue. Avec Luc, son compagnon, elle traine une valise à roulettes remplie de Cara pils. La plupart vivaient déjà dans la rue, étaient déjà en difficulté ou arrivaient tout juste à joindre les deux bouts. La pandémie soudaine les a enfoncé.e.s encore plus. Dans les rues de Bruxelles, leurs appels à l’aide ne résonnent pas assez fort. »

Kasper Goethals, journaliste en reportage avec Médecins du Monde au Médibus.

Volontaire et bénéficiaire

« De nombreuses personnes sans-abri que j’ai vues ce soir à la Gare du Midi avaient peur, car elles présentaient des symptômes. Certaines toussaient, d’autres avaient des problèmes respiratoires ou se sentaient fiévreuses. Nos infirmiers et infirmières ont pris systématiquement leur température et examiné leurs symptômes. Nous avons vu un certain nombre de personnes sans-abri dont les soignant.e.s pensent qu’il pourrait s’agir du COVID-19. Dans ce cas, nous agissons ; nous les dirigeons vers les centres de quarantaine pour personnes sans abri. »

Sarah, réceptionniste volontaire pour Médecins du Monde au Médibus.

Centre d'hébergement médical à Anvers

Infirmier et bénéficiaire

LE CENTRE D’HÉBERGEMENT MÉDICAL POUR PERSONNES SANS-ABRI À ANVERS

 

Fin mars, Médecins du Monde a ouvert le Centre d’hébergement médical pour personnes sans-abri affaiblies, notamment par une maladie chronique ou des problèmes psychiatriques. C’est un lieu où elles peuvent séjourner en toute sécurité pendant le confinement afin d’éviter qu’elles ne soient infectées par le COVID-19.

« Un de nos derniers nouveaux habitants avait été exclu de partout pendant des semaines. En plein confinement, il errait seul dans la rue et suite à une erreur, il a dû se faire tester trois fois pour le Corona. Il était au bout du rouleau et est arrivé ici avec des pensées suicidaires. Ensemble, nous avons pu le stabiliser et lui trouver une place en psychiatrie. Au moment de partir il m’a dit, les larmes aux yeux, que nous lui avons sauvé la vie. »

Berten, infirmier chez Médecins du Monde.

Hub humanitaire

Hub humanitaire

LE HUB HUMANITAIRE

 

Au Hub, espace sécurisé offrant différents services pour les personnes migrantes en transit, nous avons renforcé notre présence médicale, construit une tente de triage pour le dépistage du COVID-19 et redirigé les cas les plus graves vers des structures adaptées.

« Depuis l’épidémie du COVID-19, nous avons effectué 3.107 consultations auprès d’hommes, jeunes filles et réfugié.e.s mineurs en transit dans notre pays. »

Milan Burban, Reception Manager du Hub humanitaire à Bruxelles

Centres d'accueil, soins et orientation

Nos centres d'accueil, soins et orientation à Bruxelles & Anvers

 

Nous voyons la plus grande partie de nos patient.es tout au long de l’année dans nos centres d’accueil, soins et orientation. Ici, nous leur fournissons une assistance médicale, nous les dirigeons vers le dentiste ou un spécialiste et nos assistant.es sociaux.ales les aident à retrouver un accès au système de soins de santé. Il n’en a pas été autrement pendant la crise du COVID-19.

Bénéficiaire se faisant vacciner

« Je fréquente le centre de soins de Médecins du Monde depuis des années. Sans elles et eux, franchement, je ne sais pas ce que je ferais : ma demande de soins médicaux au CPAS a été refusée. Grâce à Médecins du Monde, mon diabète est sous contrôle et mes médicaments sont payés. On s’occupe de mon suivi médical depuis des années. Aujourd’hui, je me fais vacciner contre la grippe, parce qu’avec mon diabète, je suis un patient à risque. »

Khaled, 55 ans

Médecin et patient

« Depuis que je suis retraité, je viens travailler toutes les semaines comme médecin volontaire dans le centre de soins de Médecins du Monde. Je le fais car je suis farouchement convaincu que tout le monde a droit aux soins de santé, peu importe que vous ayez de l’argent ou pas, votre nationalité, votre couleur de peau ou votre statut administratif. Je peux mettre cette conviction en pratique ici, en aidant concrètement les personnes. La satisfaction que cela procure n’a pas de prix. »

Alain, médecin volontaire

DANS PLUS DE 50 ENDROITS, NOUS TESTONS LES PERSONNES VULNÉRABLES AU COVID-19

 

Pendant la crise du COVID-19, le gouvernement bruxellois a demandé à Médecins du Monde de tester toutes les personnes vulnérables de Bruxelles. Du 27 avril au 10 juin inclus, des équipes de médecins et infirmier.ères se sont déplacées dans 50 endroits pour effectuer des dépistages COVID-19 auprès de personnes sans-abri, des Bruxellois en précarité, des personnes réfugiées et sans papiers. Au total, en 6 semaines, Médecins du Monde a testé plus de 2.500 personnes. 4 % d’entre elles étaient positives.

 

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