Belgique
Personnes en marge de la société

Grévistes de la faim: "Trouvez une solution, quelle qu'elle soit"

L'état des 430 personnes sans-papiers a atteint un stade critique après une grève de la faim de 30 jours : « Nous sommes au moment charnière où le corps passe de la consommation de graisses à des protéines. Concrètement, cela signifie que les organes peuvent subir des dommages (irréparables) à partir de ce moment”, dit le Dr. Rita Vanobberghen, l'une des médecins bénévoles sur place. Dans le même temps, Médecins du Monde et les autres organisations sur place demandent davantage de capacités médicales : « Nos équipes manquent de personnel pour assurer un suivi adéquat de cette urgence médicale. »

La santé physique et mentale se détériore

Après 30 jours de grève de la faim, la situation sanitaire des 430 grévistes de la faim est très grave : ”Dès que l'organisme ne peut plus compter sur ses réserves de graisse, il bascule vers la consommation de protéines pour fournir l'énergie nécessaire au fonctionnement de nos organes tels que le cerveau, le cœur, les muscles et les yeux. La combustion des protéines entraîne des dommages (irrévocables) ou une défaillance de ces organes.” Explique le Dr Michel Roland, médecin bénévole auprès des grévistes de la faim et ancien président de Médecins du Monde.

« Pendant ce temps, nous voyons de plus en plus de complications graves », poursuit le Dr. Roland . ”Nous avons déjà traité une crise abdominale qui a conduit à une hospitalisation, plusieurs personnes sont en phase pré-critique en raison de leur faible poids initial, une personne a connu un épisode sévère d'hypoglycémie, un certain nombre de patients anémiques ont développé des problèmes cardiaques avec un rythme cardiaque de 195 pulsations, les diabétiques ont vu leur glycémie augmenter à des niveaux alarmants et dangereux, nous avons diagnostiqué une dépression, traité quelqu'un qui vivait un épisode psychotique et assisté à 2 tentatives de suicide le week-end dernier”.

Besoin de plus de bénévoles

Une équipe mobile d'environ 70 médecins bénévoles, ainsi que des infirmier.e.s, des kinésithérapeutes et des psychologues, intervient sur place avec le soutien, entre autres, de Médecins du Monde.

L'intention est d'être sur place tous les jours sur les 3 sites, mais cela est remis en cause par le sous-effectif aigu des équipes : « Après un an de confinement et une charge énorme sur le système de santé, tout le corps médical est épuisé et c'est très difficile de trouver des médecins qui peuvent se (re)mobiliser. Malgré plusieurs appels aux médecins bruxellois, nous sommes confrontés à une pénurie importante de bénévoles. Pour suivre médicalement les 430 grévistes de la faim, il faut 130 agents de santé qui sont chacun.e sur place 2 heures par semaine. Mais actuellement, seuls 70 bénévoles sont actifs, nous travaillons donc avec une équipe réduite de moitié. »

À l'heure actuelle, par conséquent, un certain nombre de personnes sans formation médicale sont obligées de surveiller l'état des personnes sans-papiers et, après un court tutorat, suivent un certain nombre de paramètres tels que le poids, la pression artérielle, la fréquence cardiaque, la quantité d'oxygène dans le sang. Elles contactent les professionnels quand un paramètre passe au rouge. "Mais c'est bien sûr du bricolage", poursuit le Dr. Roland "Et bien que nous nous rendions compte que l'année écoulée a été difficile, nous appelons donc tout le personnel soignant à se mobiliser à nouveau pour cette urgence médicale."

Appel urgent au secrétaire d'État à l'Asile et aux migrations : trouver une solution, quelle qu'elle soit

Enfin, le corps des médecins volontaires lance un appel aux responsables politiques : « En tant que médecins, nous ne sommes pas là pour proposer des solutions politiques. Nous ne faisons pas cette intervention médicale "parce que nous soutenons l'initiative" ou "parce que nous les soutenons", mais pour limiter au maximum les risques et dommages sanitaires. Il est de notre devoir fondamental de protéger chaque vie humaine, y compris dans des circonstances où des personnes ont envisagé de mettre leur corps en danger afin d'être entendues”, explique Michel Roland, médecin bénévole pour Médecins du Monde. “Notre message est le suivant : cette grève a déjà de graves conséquences médicales et nous appelons à une solution politique, quelle qu'elle soit, dans les plus brefs délais. Aujourd'hui, nous ne sommes plus en mesure de prévenir des conséquences médicales graves et potentiellement irréversibles. »

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