Belgique
Personnes en marge de la société

MOBIVAX: « Le projet a donné un coup d’accélérateur à la vaccination COVID-19 pour tous et toutes »

Du 19 mai au 15 septembre 2021, Mobivax, l’équipe de vaccination mobile composée de membres de Médecins sans Frontières, la Croix-Rouge de Belgique, Médecins du Monde et le Samusocial, basée à Bruxelles, a administré des vaccins aux sans-abris, migrants, sans-papiers et à d’autres personnes qui n’avaient pas accès au système de vaccination régulier. Mobivax a été la première initiative de ce type en Belgique. L’équipe, qui a administré 2000 doses de vaccin depuis mai, a clôturé ses activités le 15 septembre dernier. Ce projet a permis de rendre la vaccination COVID-19 accessible aux personnes susceptibles d’être oubliées, et, par la suite, de leur donner accès au circuit régulier de vaccination, grâce à un travail de plaidoyer. Malgré tout, surmonter les obstacles qui empêchent l’accès à la vaccination reste toujours un vrai défi.

 

Mobivax a administré 2000 doses de vaccins aux personnes qui en avaient besoin dans 53 lieux à Bruxelles. La campagne a été soutenue par le gouvernement bruxellois et s’adressait aux personnes exclues du système de vaccination classique, comme les sans-abris et les personnes sans numéro de registre national. Afin d’atteindre ces personnes, qui vivent souvent dans l’ombre, les équipes composées de médecins, infirmiers et de médiateurs culturels, se sont rendus dans de nombreux points ‘chauds’ de la ville.

« Au total, nous avons mené 126 visites dans 63 endroits différents : squats, lieux pour sans-abris, centres de jour et de nuit», commente Lily Caldwell, responsable d’équipe Mobivax pour Médecins sans Frontières.  « 2000 vaccins Johnson & Johnson ont été administrés sur base volontaire. Sensibiliser et informer a été essentiel pour la réussite de cette campagne ».

Fabienne de Leval, directrice opérationelle du Samusocial, complète : « De nombreux patients avaient des hésitations, étaient mal informés ou craignaient les effets secondaires potentiels. Et les groupes avec lesquels on a travaillé avaient très peu accès aux canaux d’information grand public, voire même pas du tout. Nous avons veillé à ce que chaque personne rendant visite à l’équipe de vaccination soit correctement informée ».

Une campagne de vaccination de courte durée

Mobivax a été une réponse rapide à la pandémie, adaptée aux populations en situation de vulnérabilité : « Nous avons mis en place une unité de vaccination mobile à petite échelle, un espace sécurisé pour les personnes en marge de notre société. Comme le contexte a changé, le projet a évolué, passant d’un projet qui répondait à une faille structurelle dans le système (le fait qu’il n’y avait pas d’accès à la vaccination sans niss-biss, que les invitations étaient envoyées par e-mail, par téléphone, etc.) à un projet faisant partie d’une stratégie de vaccination plus large pour les personnes les plus vulnérables, avec, par exemple, un accès sans niss-biss et sans rendez-vous. Suite à cette évolution positive, la présence d’une équipe mobile de vaccination n’est aujourd’hui plus nécessaire, puisque les centres de vaccination sont aujourd’hui ouverts aux personnes sans papiers », explique Julien Buha Collette, responsable des projets belges pour Médecin sans Frontières.

“Le fait que les activités Mobivax aient facilité l’accès à la vaccination pour des personnes qui étaient exclues du système de vaccination classique est une réalisation importante. Pas seulement le fait d’avoir informé et administré des doses de vaccin, mais aussi le travail de plaidoyer mené, qui a favorisé l’apparition d’options multiples pour se faire vacciner pour les personnes en situation de vulnérabilité. Aujourd’hui, en principe, tout le monde a accès au circuit régulier de la vaccination, sans qu’on tienne compte du statut administratif de la personne. C’est une mesure très positive prise par les autorités bruxelloises, et une très bonne nouvelle. Ce n’est cependant qu’un premier pas, et nous espérons voir cet accès s’élargir davantage et que les obstacles à la vaccination qui persistent soient levés après la fin de Mobivax », ajoute Muriel Gonçalves de Médecins du Monde.

Après Mobivax

Comme mentionné, Mobivax était une réponse à la pandémie, mais la bataille n’est pas terminée. Maintenant que les activités Mobivax sont terminées, un suivi est essentiel afin d’assurer que les personnes en situation de vulnérabilité (les sans-papiers, sans-abri et migrants) aient toujours accès aux centres de vaccination et puissent facilement recevoir la preuve de vaccination européenne également. De plus, il est crucial que l’information relative à la vaccination soit améliorée, afin que toutes les personnes qui veulent être vaccinées aient les informations nécessaires : adresse, modalités et horaires des centres qui vaccinent anonymement ou qui créent des numéros nationaux, réception du pass sanitaire sans adresse e-mail ni smartphone, etc.

 “Il est donc essentiel que les autorités, en collaboration avec des organisations partenaires telles que les membres de Mobivax, continuent d’investir dans l’analyse des obstacles qui compliquent l’accès à la vaccination, et visent à les faire disparaitre. Et qu’ils mettent aussi en place des procédures qui facilitent un accès équitable à la vaccination pour tous », déclare Nancy Ferroni, de la Croix-Rouge de Belgique.

Contactez-nous

Médecins du Monde

Faites un don : BE26 0000 0000 2929


Rue Botanique 75, 1210 Bruxelles
Tél : +32 (0) 2 225 43 00
info@medecinsdumonde.be

TVA: BE 0460.162.753