Belgique
Personnes en marge de la société

Vivre en rue impacte directement la santé

Alors que le couvre-feu est prolongé jusqu’au 13 décembre à Bruxelles et que les températures commencent à fortement diminuer, Médecins du Monde s’inquiète de la dégradation de la santé des personnes sans-abri, dans le contexte de crise sanitaire. Et des mesures insuffisantes prises par les responsables politiques.

 

Le COVID-19 a aggravé la situation et la santé des personnes sans-abri qui doivent batailler pour trouver des places dans les centres d’hébergement saturés et n’ont plus accès à la nourriture qu’ils et elles pouvaient se procurer par exemple dans les surplus de l’HORECA, ni aux centres de jour, dont la plupart ont fermé leurs portes.

Lors de la première vague de COVID-19, Médecins du Monde avait d’ailleurs organisé un accueil de jour dans l’auberge de jeunesse Jacques Brel. Ce centre où se rendaient quotidiennement 140 personnes pour prendre une douche, un repas, faire une sieste et recharger leur GSM, a entre-temps fermé fin juillet.

 

Eviter les foyers contaminants

« Dans le contexte actuel de crise sanitaire, il faudrait garder les structures d’hébergement ouvertes 24H/24 et 7 jours/7 pour permettre un accompagnement médical mais aussi psycho-social efficace et augmenter la capacité d’accueil d’au moins 800 places supplémentaires. Car il est essentiel de pouvoir accueillir toutes les personnes sans-abri pour diminuer le risque de propagation du virus, détecter précocement toute contamination et pouvoir prendre les mesures nécessaires en termes de prise en charge, isolement et suivi de contacts. », explique Michel GENET, directeur général de Médecins du Monde Belgique.

Selon Bruss’Help, la capacité actuelle d’hébergement est de 2.901 places (au 29 octobre 2020) alors que le dernier recensement estimait que plus de 4.000 personnes étaient sans-abri ou mal logées à Bruxelles (chiffres 2018). Ce chiffre étant probablement supérieur dans le contexte de crise sanitaire actuel.*

 

 La santé pour toutes et tous

 « Agressivité, incompréhension, sentiment d'exclusion, désespoir, troubles mentaux, (sur)consommation de drogues et même tentatives de suicide. Autant de conséquences du sans-abrisme que vivent beaucoup de nos patient.e.s. Nous observons cela tous les jours dans nos consultations du CASO (centre d’accueil, de soins et d’orientation). Le manque de places d'hébergement impacte directement la santé de ces personnes. On peut parler d’un drame humain. » explique Salomé Leibner, assistante sociale du CASO.

Comment soigner ses plaies et changer ses pansements quand on vit dans la rue ou qu’on n’a pas de moyens ? Respecter des consignes post-opératoires ? Prendre soin de soi malgré des troubles psychiatriques ou d'assuétudes non pris en charge, ou décelés trop tardivement ? Prendre son traitement à heure régulière ? S'alimenter en étant diabétique ou en carence ? Se reposer alors qu'il faut survivre la nuit et veiller le jour ?

L’angoisse générée par ces questions existentielles est encore montée d’un cran avec l’arrivée du COVID-19. Or, pour Médecins du Monde, dans un contexte de crise sanitaire, plus que jamais, il faut le répéter : « Tous et toutes ont droit à la santé : qu’ils ou elles soient des personnes migrantes ou sans-abri, travailleurs ou travailleuses du sexe, ou encore usagères ou usagers de drogues… », selon Michel GENET.

* Les résultats du dernier recomptage qui a eu lieu le 9 novembre dernier ne seront connus qu’en février 2021.

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