Belgique
Personnes en marge de la société

Tous les soirs, nous sommes confrontés à des personnes sans-abri qui ne trouvent pas de lit pour la nuit

Ces dernières semaines, les équipes de Médecins du Monde de Bruxelles sont de plus en plus souvent confrontées à des personnes sans-abri qui n’ont accès ni à un abri pour la nuit ni à des soins. “Les centres d’hébergement sont complètement saturés depuis longtemps. Et il y a une crise structurelle à Fedasil. Ce week-end, il va geler. Nous faisons face à une 4e vague de COVID. Des centaines de personnes sont pourtant forcées de passer la nuit dehors. Une solution immédiate est nécessaire. ”

 

Les Bruxellois qui attendent le tram à la gare du Midi peuvent y voir en ce moment des scènes de misère d’un autre temps : “Des dizaines de personnes sans-abri allongées, derrières des grilles, sur des sales matelas mouillés ou tout simplement à même le sol au milieu de déchets. ” explique Maité Montuir, coordinatrice du Médibus, qui se rend tous les mardis à la gare du Midi pour y donner des soins médicaux.

Crise de l’accueil + centres saturés

Les causes de cette situation sont diverses, la crise de Fedasil étant venue s’ajouter à la saturation chronique des centres d’hébergement pour personnes sans-abri:

“Depuis plusieurs semaines, Fedasil refuse tous les jours entre 150 et 200 personnes. Ils et elles n’ont nulle part où aller car tous les centres d’hébergement bruxellois sont saturés. Parmi ces personnes, quelque 50 mineurs non accompagnés sont quotidiennement refoulés. Il s’agit de personnes qui désirent demander l’asile dans notre pays, qui font la file pendant des heures dans le froid car elles ne veulent plus être dans l’illégalité -comme le demande le secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration,  Sammy Mahdi- pour se retrouver devant des portes closes et n’avoir d’autre choix que de passer la nuit dehors. Dans un contexte de pandémie et par des températures qui se rapprochent du gel, il n’y a qu’un mot : inacceptable. ”

Nos collègues de terrain:  “Refus ou pas de réponse de Fedasil, cela augmente de nombre de personnes en quête de soins médicaux. ”

Le froid, la 4e vague de COVID, le manque de perspectives et d’aide affectent la santé mentale et physique des personnes. Les équipes des projets bruxellois de Médecins du Monde (le Médibus, le centre de soins Athéna, le Hub humanitaire) constatent tous les jours l’augmentation du nombre des demandeur.euse.s d’asile qui n’ont pas accès aux soins médicaux car ils et elles sont refusé.e.s par Fedasil ou ne reçoivent pas de réponse.  “Ces personnes finissent par arriver au Hub humanitaire, au Médibus ou les centres de soins où nous travaillons, ou dans des centres d’hébergement qui affichent souvent complet. Nous ne pouvons pas continuer à compenser la politique défaillante des pouvoirs publics. ”

Outre la crise chez Fedasil, la saturation des centres d’hébergement est une situation que dénoncent toutes les organisations humanitaires: “8 personnes sont encore venues hier soir au Médibus. Malgré nos nombreux appels téléphoniques, nous n’ont n’avons pas pu leur trouver de lit.

La saturation des centres d’hébergement impacte également sur le vécu des familles sans logement: “L’hiver dernier, les centres d’hébergement devaient refuser 10 familles par mois. En août, nous en étions à 200 familles refusées chaque mois. Depuis cet automne, (octobre) les équipes de nuit ont dénombré 80 familles qui dorment dans la rue.”

L’accueil des mineurs non-accompagé.e.s souffre lui aussi de manquements. Depuis le communiqué de presse de Médecins du Monde et d’autres organisations, le 3 septembre, aucune solution n’a été trouvée.

Médecins du Monde demande aux autorités fédérales et régionales de trouver rapidement des solutions pour éviter que des centaines de personnes ne restent dans la rue en ces périodes de grand froid.

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